Sophie Barthélémy est née à Paris en 1969. Formée aux Beaux-Arts, diplômée en 1993, elle commence à exposer des installations-vidéo et performances dès les années 90 ( le Confort Moderne, Poitiers/ 1992, Galerie du Parvi, Paris /1994). Elle réalise notamment une oeuvre dénonçant la déforestation en Amazonie ; cette oeuvre reçoit le Prix du Jury au Festival Vidéo Art Plastique d’Hérouville Saint Clair.

Au même moment,  on apprend que des indiens Yanomami de la forêt brésilienne sont massacrés.

Cette synchronicité a un effet dévastateur sur sa sensibilité et lui fait prendre conscience d’enjeux plus importants que son intérêt pour les arts. Sa seule velléité est alors de partir dans la forêt amazonienne pour filmer ce qu’il reste de cette tribu. Mais l’ethno-musicologue Xavier Bellanger, rencontré en 1994, la dissuade d’effectuer un tel voyage et l’incite à poursuivre son travail artistique. Elle abandonne pourtant toute ambition artistique pour se tourner vers une vie de simplicité et de décroissance en adéquation avec ses prises de conscience.


 

Installée près d'une forêt, au contact de la nature et d'animaux, elle s'adonne à la permaculture et accueille des adultes en situation de handicap qu’elle initie à la peinture.

Au bout d’une dizaine d’années, elle est ramenée vers son besoin de créer.

Après tant d’années de retrait de toute exposition, elle reprend le flambeau, avec pinceaux et couleurs cette fois, pour poursuivre une œuvre picturale humaniste, animée du même besoin de « contrecarrer le cynisme du monde ».



 

Rompue à la couleur, qu'elle travaille énormément par couches successives, grattages et autres repentirs, elle se consacre à un travail essentiellement intuitif, non prémédité ; dans son processus créatif, il est question de jeu et de lâcher-prise, d'émerveillement et d'oubli de soi. L'Humain, la Nature, l'Animal et l'Invisible sont ses sujets de prédilection.



" Je cherche avec passion et avec anxiété une vision qui, au gré  du travail de la toile, finit toujours par apparaître, pour mon plus grand enchantement. C'est cette sorte de magie , au-delà des apparences de la chose peinte, que je cherche à perpétrer... Au commencement, je remplis la toile de façon anarchique pour lui donner matière,  contenu, vivant. Je crée des textures, des transparences, des vides, des fulgurances. Ce magma de couleurs, d'espaces possibles, éveille mon imaginaire, stimule ma créativité.

Alors j'explore des pistes, je m'aventure dans des territoires inconnus, et pour finir je fais des choix. Il en sort une figure, un paysage, un animal, sujets récurrents car à ce jour, je demeure attachée à la figuration.
Mais la forme importe peu, c'est le processus qui m'intéresse, la genèse, le chemin qui m'y a amenée".