Mercredi 19 février 2020
février2020 à l'atelier
 
 

 

 

Préparation d'une nouvelle exposition.
J'ai sorti quelques vieilles toiles dont je ne ferai rien en l'état. Je procède ainsi depuis toujours, une toile a bien vécu sa vie d'oeuvre, mais elle n'est pas partie, ou bien elle est restée inachevée dans un placard, sans doute avais-je tenté de lui extirper quelque chose de valable, en vain. Je l'avais alors retirée de ma vue, la vilaine, inutile d'insister, puis à la faveur de mes besoins de support, comme aujourd'hui  je suis allée visiter la réserve et l'ai découverte (parce-que j'oublie ce que je commets).
Ainsi donc ai-je retrouvé ce 93x72cm , un magma informe de couleurs chaudes et de suite, ô surprise, un sujet m'est apparu.
Je suis sur cette figure ou scène de vie depuis ce matin. Deux personnages, encore des enfants, émergent d'un décors abstrait. Les contrastes sont déjà là, ça fonctionne. Tout l'enjeu maintenant est de s'arrêter à temps...

 
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Vendredi 31 janvier 2020
Exposition à la Galerie Eugène 2020
 

Grande joie de ré-exposer à la Galerie EUGENE, chez Marie Jousse.
Une galeriste humaine, sensible, très respectueuse des artistes.
Une femme-auteur, de surcroît, qui a déjà plusieurs romans à son actif.

Je me réjouis de la connaître!

Gratitude!




Crédit Photos: Marie Jousse, Galerie Eugène


de gauche à droite Sophie Barthélémy, Magalie Bucher



Céramiques Carole Sill



Aquarelles Isabelle Rodde









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Mercredi 11 décembre 2019
...
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Mercredi 13 novembre 2019
le chemin

 
La peinture est un Chemin de Vérité. C'est une quête. Insatiable. Pour peindre, il faut avoir soif et pour étancher sa soif, le peintre affronte l'inconnu.

 
 
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Lundi 7 octobre 2019
de l'éphémère


Un jour, un grand peintre de ma connaissance me tint à peu près ce langage " si vous voulez assurer la pérennité de votre oeuvre, vous devez utiliser un meilleur matériel...votre acrylique ne tiendra pas dans le temps, ce n'est que du plastique! du très bas de gamme, et tout le monde peint avec ça maintenant, quelle HONTE! NON rien de mieux que les techniques des anciens: pigments, liants préparés par soi-même.. Les gens ne savent plus travailler ainsi, un ramassis d'incapables!"

Tandis que ma tête acquiesçait pour ne pas contredire le maître, tout mon être prenait le large. Car s'il y a bien une ambition que je n'ai pas, c'est celle de la pérennité de mon travail.
Mes tableaux disparaitront et je n'en ai aucune émotion. Aussi vrai que seul compte le moment présent, l'expérience de la créativité, éphémère, est la seule chose valable à vivre à mes yeux. Enfin dis-je.

...et après elle, d'autres moments de créativité, d'autres tableaux à faire venir.
Il n'est d'aucun intérêt pour moi de les garder, de les entreposer, car l'état intérieur qui les a générés est déjà passé. Tout est éphémère en ce monde à commencer par les inspirations, alors pourquoi garder trace de ce qui n'a plus lieu ? Pourquoi ce besoin de survivre à sa mort?

je parle du point de vue du créateur, pas de celui qui regarde qui, lui, va projeter dans cette toile quelque chose de lui-même, qu'il reconnaît, qui lui fait du bien. Et ça je respecte. Quand le spectateur s'empare du tableau, le fait sien, c'est une autre histoire qui se raconte .  

Je n'ai pourtant jamais contredit le maître, qui est parti,  et ses oeuvres lui survivent entassées dans une pièce sombre. Personne n'y touchera mais elles rappellent à ceux qui l'ont connu qu'un homme vécut là, à préparer ses pigments, besogneux et tendu vers un idéal de fou.

 

 
 
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Pensées et soliloques

Peindre n’est pas de tout repos. Un trait, une forme s’imposent à vous d’abord issus du vide ; il faudra leur donner du sens. Inutile de chercher à définir, encore moins préméditer...Il faut laisser venir à soi.  A ce stade, tout cela est précaire. Les couleurs sont jetées de façon aléatoire; je les recouvre et puis recouvre encore, j'explore la matière  avec anxiété jusqu'à ce qu'une vision s'impose. Vision de l'Esprit. Ma seule quête est celle de la lumière et le besoin d'équilibre. Le trait s'invite aussi, trace dérisoire de mon passage. Qu’évoquent-ils ces éléments mis ensemble ? un magma, la Création. Voilà tout. Ensuite, du chaos, de l'informe, du désordre, je mets en forme, je mets de l'ordre, je fais disparaître le superflu, je garde l'essentiel. Chaque tableau naît ainsi, d'une superposition de couches qui sont autant de mouvements d'humeur qu'il faut parvenir à concilier. J'ai à concilier avec l'impermanence. La part d'incertitude n'est pas exempte de cette recherche.

 
 

L'Esprit et la Matière

"la Forêt des Vivants", installation-vidéo 



Le peintre est tributaire de la matière! Si la création est affaire d'esprit, elle est soumise aux lois inhérentes à la matière, ce qui alourdit parfois, et freine, toute l'heureuse inspiration du début. La matière, pâte, couleur, pigment, je la contrains, l'oriente, la triture, la modèle, la jette et la dilue, l'efface, lui impose ma volonté ou alors c'est elle qui s'installe, m'impose un effet que je n'avais pas voulu mais qui fait que tout d'un coup il se passe quelque chose d'intéressant sur cette toile. C'est cette relation étroite, complice ou conflictuelle, entre esprit et matière, qui représente le travail.

 

 
 

Une quête d'absolu (impossible perfection)



Maîtriser les techniques, dompter la matière, évoluer dans l'espace cadre avec aisance, tout cela s'acquiert en pratiquant. 
Il n'y a pas de secret, la peinture exige un travail continu, soutenu, et de la patience.  Plus qu'apprendre, il faut désapprendre, étape par étape, pallier après pallier. Se défaire des accoutumances, des grandes certitudes, des à-priori et des croyances, des facilités. Il faut provoquer des accidents, casser détruire et même effacer, remettre des couches ou encore enlever, projeter la peinture de façon aléatoire, bref provoquer l'inconnu.
D'abord, vous êtes impuissant devant ce chaos – le non-forme- incapable d'y répondre, comme aveugle et insensible à ce qui est là d'informe, mais qui s'exprime pourtant, qui était au-dedans de vous peut-être, et qui demande maintenant à prendre vie sur la toile. Vous voilà ignorant d'un coup, à vous demander si vous êtes peintre ou alors plus rien, plus personne, tant ce qui se passe est nouveau, vous est étranger. Vous n'êtes même pas sûre de pouvoir aller plus loin. Vous venez d'oublier qui vous êtes, qui vous étiez ou vouliez être.

Tous vos désirs, votre histoire, votre personnalité-même qui transpiraient tant dans vos toiles, vous semblent insignifiants, inintéressants, tellement egocentrés!  ​Mais pourquoi avez-vous peint jusque-là?
Alors une sorte d'amnésie soudaine vous saisit, un vide abyssal, un état de non-être et de non-vouloir, sans direction et sans objectif. Vous frôlez le renoncement total ou la folie. Peut-être la mort en quelque sorte. Vous êtes morte une première fois.

Le peintre donc vit sur un fil ténu. Parce-qu'il crée, il est dans la vie. Il sent dans son corps l'énergie que la peinture mobilise. Mais parce-que la vie est renouvellement, quelque chose doit mourir en lui.
Et puis la vie n'est pas limitée. Cette affaire -la peinture- si on sait quand elle commence en soi-même, on pressent qu'elle ne finira jamais. Elle continuera au-delà de vous. Quand je parle de patience, je parle de ça: de l'aventure dans laquelle vous vous êtes lancée, et d'autres avant vous. De toutes les réussites auxquelles vous êtes probablement déjà parvenue, mais qu'il va falloir casser avant d'en générer d'autres. Certes vous pouvez reproduire vos réussites, les faire fructifier même si le coeur vous en dit. Vous ne rencontrerez que de piètres satisfactions. Satisfactions esthétiques, congratulations éphémères... Le peintre est mû par une quête insatiable qu'il porte en lui, dont il ignore peut-être jusqu'à la nature-même et le sens. Quête de beauté? Qu'est-ce qui est beau, qu'est-ce qui ne l'est pas? De vérité? Tout n'est-il pas vérité? D'équilibre? précaire, aléatoire. De perfection? Existe-t'elle?
Qu'importe ce qu'il essaie d'y mettre puisque même la motivation en lui est fluctuante.
Je le répète, la vie est un renouvellement permanent. La peinture n'échappe pas à cette loi.
Alors pourquoi chercher la perfection?
Février 2012, à l' Atelier